“Le Bonheur ou l’histoire de l’infortuné Khmyr”, annonce le sous-titre, mais aussi de sa femme-cheval, de son opulent voisin Foka ou encore du Pope. Khmyr est un homme simple, un modeste paysan que la vie accable des pires tourments. Sommé par sa femme Anna d’aller trouver le bonheur, Khmyr, misérable et désespéré, part sur les routes de terre de la steppe russe. Sur sa route, il trouve une bourse remplie d’argent, s’achète un cheval à pois qui lui rapporte une récolte abondante... le bonheur, enfin ?
Dernier film muet du cinéma soviétique, Le Bonheur est une rareté tragico-burlesque, une sorte de “Chaplin nouveau modèle” selon l’expression d’Eisenstein. Medvedkine (1900-1989), bolchevique de la première heure, fait paradoxalement, avec Le Bonheur, un film dans lequel le héros, fainéant et désinvolte, est aux antipodes de l’idéal stalinien du paysan. Raison pour laquelle ce film qui frôle avec l’anarchisme n’est pas resté longtemps à l’affiche, et que son héros burlesque, contrairement à un Charlot (Chaplin) ou un Malec (Keaton), ne fut porté à l’écran qu’une seule fois.
Projection accompagnée en direct par Gildas Étévenard (batterie, percussions). Gildas Étévenard a largement forgé sa réputation en jouant avec les meilleurs musiciens de la scène jazz et musiques improvisées françaises. En 2001, il crée le groupe Melc à Marseille, propose en 2003 sa première création, Firanghi et se produit également depuis 2000 en duo, trio ou quartet en compagnie
du saxophoniste hongrois Akosh S. Ensemble, ils sortent le double
album Nem Kellet Volna en 2005, et collaborent sur plusieurs projets liés
au théâtre, en particulier en compagnie de Josef Nadj avec qui
ils créent le spectacle Paysage après l’orage.
Dès 8 ans.